Palimpsestes, numéro 29 : Les sens en éveil : traduire pour la scène, sous la direction Isabelle Génin et Bruno Poncharal

Résumé : À quel point la visée d'un texte d'arrivée conditionne-t-elle la forme de la traduction ? À cette question, la théorie fonctionnaliste, et en particulier Hans Vermeer, cité dans plusieurs contributions, donnent une réponse catégorique : totalement ! Celle et celles apportées par ce numéro 29 de la toujours impeccable revue Palimpsestes, cette fois sous la direction d'Isabelle Génin et Bruno Poncharal et intitulée Les sens en éveil : traduire pour la scène, vont dans le même sens. Elles sont également plus nuancées – et les deux se rejoignent sur une des grandes questions métaphysiques que pose la traduction en général : qui décide ? Phénomène intéressant, les différentes contributions posent toutes que, si les solutions sont différentes selon que l'on traduira pour la scène ou pour la lecture, le texte de départ, lui, est unique – et répond à ces deux objectifs –, quand bien même il serait l'oeuvre de plusieurs auteurs (la contribution de Régis Augustus Bars Closel) ou le produit d'une réécriture (celle de Giuseppe Sofo). Et la plupart des articles s'étendront sur ce jeu des différences entre les textes pensés pour l'oreille et ceux réalisés pour l'oeil. Un texte de départ unique, traduction plurielle : c'est placer d'emblée la réflexion sous le signe de la comparaison. Ainsi, l'excellente présentation de Isabelle Génin, qui observe que la traduction théâtrale se distingue de celle des romans en ceci que « dans le traitement, tant critique que traductrice, demande des approches radicalement différentes » (p. 16), avant de décrire les différents dans autres spécificités du genre : artificialité de la situation dénonciation (et donc des dialogues), importance de l'appel au sens pour produire une illusion de réel, etc. Autant de paramètres dont devra se saisir la traductrice ou le traducteur. Toute cette introduction, comme d'ailleurs la plupart des contributions, reste en tout cas placée sous le signe de l'entropie et de la défectivité : c'est ce contre quoi les traducteurs s'acharnent et ne cessent de s'acharner – parfois avec génie. L'ensemble se compose de 10 articles, dont sept en anglais, souvent rédigés par des auteurs qui sont également traducteurs, rassemblés en quatre parties : «Traduire l'expérience multisensorielle au coeur du texte dramatique », « Auteurs classiques et scène contemporaine », « Retrouver la voix originale d'Ibsen : le projet Ibsen in Translation », et « traduire le théâtre–paysage de Gertrude Stein ». C'est d'abord David Johnston, "Travelling Through the Emotions: Staging the Erotic", qui en appelle à la philosophie de Gabriel Marcel, ainsi qu'à celle de Kierkegaard, pour éclairer la traduction au théâtre : seule l'émotion permet d'accéder à l'intime, et d'établir un contact avec le public par une forme d'incarnation. Ce qui est particulièrement le cas du premier Don Juan : celui de Tirso de la Molina, dont il s'agit aussi, en traduction, de respecter les mises en scène successives, qui, par tradition, opèrent une transgression par rapport à la lettre du texte original
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Contributor : Nicolas Froeliger <>
Submitted on : Friday, March 16, 2018 - 2:33:07 PM
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Nicolas Froeliger. Palimpsestes, numéro 29 : Les sens en éveil : traduire pour la scène, sous la direction Isabelle Génin et Bruno Poncharal. 2017. ⟨hal-01735866⟩

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