Linguistique et traductologie : les enjeux d'une relation complexe

Résumé : Linguistique et traductologie : les enjeux d'une relation complexe Recension par Nicolas Froeliger, Université Paris Diderot, nf@eila.univ-paris-diderot.fr Tout de même demeure une question : si les oppositions ont disparu, pourquoi ce sentiment diffus que, tout de même, des différences persistent ? De quoi parlons-nous ? De la linguistique et de la traductologie, dont le sous-titre de cet excellent recueil, codirigé par Maryvonne Boisseau, Catherine Chauvin, Catherine Delesse et Yvon Keromnes, nous invite à explorer : « les enjeux d'une relation complexe ». À quelles oppositions faisons-nous référence ? À celle entre les tenants d'une traductologie jalousement indépendante et ceux d'une linguistique intrinsèquement hégémonique, établis en particulier sur la rive contrastiviste du fleuve. Ces divergences avaient aussi leurs motivations historiques – et donc institutionnelles. Elles se sont beaucoup atténuées – et notre opinion personnelle et que les outils informatiques et l'introduction des corpus y ont puissamment contribué –, si bien qu'un Jean-René Ladmiral, dont Pierre Lejeune rappelle ici (p. 71) qu'il fut un antilinguiste chevronné, a pu parler, il y a quelques années, d'un « tournant oecuménique en théorie de la traduction » (in Balliu, Christian, dir., Traduire : un métier d'avenir, Les Éditions du Hazard, 2008, pp. 11-32). Le gros de son message d'alors : on n'est pas forcément d'accord sur tout, mais au moins, désormais, on se parle et on se respecte. En d'autres termes, on se rapproche des conditions d'un débat véritablement scientifique. La publication de cet ouvrage, avec le concours des universités de Lorraine de Strasbourg, dans la collection Traductologie d'Artois presses université, est donc fort bienvenue en ceci qu'elle permet de faire le point, d'une manière apaisée, en dix articles (dont trois en anglais), sur cette « relation complexe ». L'impression qui domine, par-delà la variété des approches, est celle de l'unité, renforcée par une très solide introduction cosignée par les quatre directeurs, et par la présence en fin de volume d'une bibliographie unique et commune à tous les auteurs (ce qui aura pu dérouter un instant le lecteur des articles individuels). Cette présentation générale, assez logiquement, se veut topologique : comment situer traductologie et linguistique l'une par rapport à l'autre : « On comprend alors les frottements et les frictions de deux disciplines dont on pourrait penser qu'elles se recouvrent partiellement tout en étant concurrentes » (p. 9) ? L'angle choisi pour cette exploration va néanmoins globalement de la linguistique – ou plus exactement de différentes théories linguistiques – vers la traduction : c'est pratiquement toujours l'étude d'un problème traductionnel, situé dans la littérature, la bande dessinée, la langue de spécialité…, à partir d'une pensée linguistique. Ce qui se ressent nettement dans le plan interne adopté par la plupart des auteurs : fixation du décor linguistique, puis mise en scène du problème traductologique. Le tout est encadré par, au début, deux communications plus théoriques (Jean Szlamowicz et Yvon Keromnes), et en fin de volume par un retour sur l'oeuvre et la pensée de Jacqueline Guillemin-Flescher (Maryvonne Boisseau).
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Contributor : Nicolas Froeliger <>
Submitted on : Friday, March 16, 2018 - 2:29:21 PM
Last modification on : Friday, January 4, 2019 - 5:33:30 PM
Long-term archiving on : Tuesday, September 11, 2018 - 6:25:04 AM

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Nicolas Froeliger. Linguistique et traductologie : les enjeux d'une relation complexe. 2017. ⟨hal-01735864⟩

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