Lessons of Duplicity in " The Lesson of the Master "

Résumé : Dans « The Lesson of the Master » (1888), Henry James met encore une fois en scène le conflit entre l’art et la vie qui fait la trame de tant de ses fictions. Opposant Henry St George, le maître vieillissant, à Paul Overt, son disciple faussement naïf, la nouvelle fait le récit des efforts déployés par Overt pour égaler son aîné, sinon le surpasser, en suivant la « leçon » que ce dernier lui inculque et selon laquelle la création d’une œuvre d’art requiert de l’artiste qu’il renonce à la vie elle-même. La fin ouverte de la nouvelle, quant à elle, laisse au lecteur le soin de déterminer si le Maître a volontairement piégé son disciple en l’enjoignant d’abandonner ses projets de mariage avec la jeune et belle Marian Fancourt alors que lui-même entreprenait de conquérir la jeune femme après le décès de sa propre épouse. En faisant planer le doute sur l’honnêteté de St George, le narrateur entreprend du même coup de détourner l’attention du lecteur d’une autre série de manœuvres auxquelles se livre Overt pour prendre la place de son Maître et que le texte masque et dévoile tout à la fois. Eliminant progressivement tous ses rivaux supposés, Overt s’efforce d’établir une relation privilégiée avec St George afin de devenir son seul et unique « alter ego », pour mieux prendre sa place au bout du compte. Dans cette intrigue souterraine, la duplicité relève d’une stratégie qui doit permettre à Overt de remporter le jeu de pouvoir homo-érotique qui le lie au Maître. En supposant l’identité du Maître et de son œuvre pour y lire le reflet de lui-même, Overt joue un double-jeu paradoxal qui n’a d’autre but que d’évincer le Maître afin de garantir sa propre identité d’artiste. La logique de l’identité qui sous-tend les manipulations auxquelles se livre Overt explique pour une large part l’échec de son entreprise et c’est peut-être là que réside la « leçon » du texte : en lieu et place de l’unité rêvée, il n’y aurait qu’écart entre le sujet et son œuvre, différence de soi à soi. La duplicité à l’œuvre doit alors s’entendre au sens littéral et elle apparaît comme une condition de la vie comme de la littérature qui, quoique indissolublement liées, sont destinées à ne jamais coïncider. Cette lecture permet alors de rendre compte des efforts répétés des personnages pour vivre leur vie par procuration et toujours s’imaginer menant l’existence des autres et écrivant leurs œuvres. Ce faisant, la nouvelle serait la mise en œuvre de ce que, doublant le texte par avance et empêchant sa clôture, la préface à l’Édition de New York (1913) appelle « l’ironie opératoire » de l’œuvre « qui toujours implique et projet l’autre cas possible ».
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Dennis Tredy, Annick Duperray and Adrian Harding. Henry James and the Poetics of Duplicity, Cambridge Scholars Publishing, pp.39-48, 2013, 978-144384417. 〈http://www.cambridgescholars.com/henry-james-and-the-poetics-of-duplicity-14〉
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Contributeur : Thomas Constantinesco <>
Soumis le : mercredi 12 octobre 2016 - 10:58:43
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Thomas Constantinesco. Lessons of Duplicity in " The Lesson of the Master ". Dennis Tredy, Annick Duperray and Adrian Harding. Henry James and the Poetics of Duplicity, Cambridge Scholars Publishing, pp.39-48, 2013, 978-144384417. 〈http://www.cambridgescholars.com/henry-james-and-the-poetics-of-duplicity-14〉. 〈hal-01378889〉

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