Narrations d’Anima. Un récit non naturel ?

Résumé : Cet article se présente à la fois comme une étude des modes de narration dans Anima inspirée par les travaux de la « narratologie non naturelle » contemporaine et comme une tentative pour réévaluer certains aspects de la narratologie non naturelle à la lumière de l’étude du roman de Mouawad. Elle se concentre sur le problème que peut poser la notion de naturalisation, entendue comme une modalité ou une stratégie de lecture, lorsqu’on entreprend de l’appliquer au roman de Mouawad. Après une introduction consacrée à une présentation d’ensemble de la narratologie non naturelle, la première section s’intéresse aux éléments non naturels ou considérés comme tels par les narratologues non naturels dans les trois premières parties d’Anima. J’y évoque successivement : les narrateurs, la situation de narration, la consistance épistémique et d’autres éléments non naturels aux niveaux macrotextuel et microtextuel. À la fin de cette section, je critique l’amalgame opéré par certains narratologues non naturels entre les éléments fictionnels à proprement parler et des éléments qui ne sont que la conséquence de l’emploi de certaines techniques narratives, voire de certaine habitudes de langage créées par la théorie. La deuxième section traite de la naturalisation fictionnelle qui s’opère dans la quatrième partie du roman, les trois premières parties se révélant être une faction (« [l]ivre de fiction qui raconte les faits »), écrite par le personnage principal du roman. Elle conduit à reconsidérer les trois premières parties et à réévaluer la façon dont elles ont été actualisées, réévaluation qui porte précisément sur les éléments non naturels précédemment listés, ou du moins sur certains d’entre eux : les narrateurs, la situation de narration, les récits ou les autres modes de présentation des pensées, les passages de dialogue. La troisième section s’interroge sur les conséquences de cette naturalisation fictionnelle sur la deuxième lecture qu’on peut faire du roman. Contre l’hypothèse selon laquelle il serait nécessaire de modifier la logique de la première lecture dans la deuxième lecture qu’on peut faire roman et de pratiquer d’emblée une lecture naturalisante des éléments non naturels présents dans les trois premières parties, je m’appuie sur des considérations d’ordre émotionnel pour affirmer la possibilité et peut-être même la nécessité d’une deuxième lecture non naturalisante des trois premières parties, c’est-à-dire une lecture opposée à celle qui est programmée par la quatrième partie du roman.
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Claire Badiou-Monferran et Laurence Denooz. Langues d’Anima. Écriture et histoire contemporaine dans l’œuvre de Wajdi Mouawad, Garnier, 2016
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Contributeur : Sylvie Patron <>
Soumis le : mardi 6 juin 2017 - 09:32:12
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Sylvie Patron. Narrations d’Anima. Un récit non naturel ?. Claire Badiou-Monferran et Laurence Denooz. Langues d’Anima. Écriture et histoire contemporaine dans l’œuvre de Wajdi Mouawad, Garnier, 2016. 〈hal-01363736〉

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